ECCE HOMO
Dessin au fusain et pierre noire sur panneau
papier Fabriano Artistico grain satiné 300 g/m²
190 x 130 cm
2025
Dans Ecce Homo, littéralement « Voici l’homme » – une locution latine renvoyant à la Passion du Christ –, Théo Romain-Sobota met en perspective deux épisodes de fuite : celle du Caravage, forcé de quitter Rome après avoir tué un homme à la suite d’une partie de jeu de paume ayant mal tourné ; et celle de Ramy Elgaml, un jeune homme de 19 ans d’origine égyptienne, décédé en novembre 2024 au terme d’une course-poursuite en scooter alors qu’il tentait de fuir les carabiniers milanais.
Générée par intelligence artificielle « à la manière » du Caravage et reproduite au fusain, l’Ecce Homo de Théo Romain-Sobota représente cette tragédie contemporaine. Il y souligne, en dépit de leurs différences circonstancielles, la possibilité d’un lien entre les deux événements. Réalisée au format paysage, la composition s’éloigne néanmoins de celle du maître lombard, qui a également réalisé une toile portant le même nom en 1605, aujourd’hui conservée au Palazzo Bianco de Gênes : le Christ y apparaît très jeune, sobre et triste, battu, impuissant et maîtrisé, les yeux baissés, refusant d’adresser un regard à la foule qui le condamne, tandis qu’un Ponce Pilate inquisiteur, habillé à la mode hollandaise et dont la plasticité de l’expression faciale est particulièrement marquée, présente le corps à la foule de ses deux mains, comme pour prouver l’évidence de sa culpabilité.
Axel Fried, critique d’art et commissaire d’exposition.
Texte de l’exposition Les Anamnèses, Format à l’italienne XVI, 2026.