LA DISPARITION DES LUCIOLES
Sérigraphie
Encre phosphorescente sur papier Fabriano noir 300g
100 x 70 cm
Aide à la production : Studio ORME
Édition 10/10 + 3 EA
2025
En partant d’une image générée par intelligence artificielle, ce projet en sérigraphie réalisé avec une encre phosphorescente, joue sur la notion d’apparition en utilisant la lumière ultra-violette. L’œuvre s’inspire du tableau controversé du Caravage, La Mort de la Vierge, où le corps sans vie d’une prostituée aurait servi de modèle, ainsi que d’un féminicide de trois prostituées survenu à Rome en 2022 dans le quartier de Prati. Le titre fait référence à l’article de Pasolini, publié en 1975 dans le Corriere della Sera, intitulé « Le vide du pouvoir en Italie » (Article des lucioles). En jouant sur le double sens du mot lucciole – à la fois insectes lumineux et euphémisme désignant les prostituées – l’image tisse un dialogue entre passé et présent à travers une approche contemporaine à la fois lyrique et symbolique, questionnant l’héritage esthétique du Caravage et la mémoire de ces corps féminins.
Crédit photos : Frederic Iovino
ECCE HOMO
Dessin au fusain et pierre noire sur panneau
papier Fabriano Artistico grain satiné 300 g/m²
190 x 130 cm
2025
Dans Ecce Homo, littéralement « Voici l’homme » – une locution latine renvoyant à la Passion du Christ –, Théo Romain-Sobota met en perspective deux épisodes de fuite : celle du Caravage, forcé de quitter Rome après avoir tué un homme à la suite d’une partie de jeu de paume ayant mal tourné ; et celle de Ramy Elgaml, un jeune homme de 19 ans d’origine égyptienne, décédé en novembre 2024 au terme d’une course-poursuite en scooter alors qu’il tentait de fuir les carabiniers milanais.
Générée par intelligence artificielle « à la manière » du Caravage et reproduite au fusain, l’Ecce Homo de Théo Romain-Sobota représente cette tragédie contemporaine. Il y souligne, en dépit de leurs différences circonstancielles, la possibilité d’un lien entre les deux événements. Réalisée au format paysage, la composition s’éloigne néanmoins de celle du maître lombard, qui a également réalisé une toile portant le même nom en 1605, aujourd’hui conservée au Palazzo Bianco de Gênes : le Christ y apparaît très jeune, sobre et triste, battu, impuissant et maîtrisé, les yeux baissés, refusant d’adresser un regard à la foule qui le condamne, tandis qu’un Ponce Pilate inquisiteur, habillé à la mode hollandaise et dont la plasticité de l’expression faciale est particulièrement marquée, présente le corps à la foule de ses deux mains, comme pour prouver l’évidence de sa culpabilité.
Axel Fried, critique d’art et commissaire d’exposition.
Texte de l’exposition Les Anamnèses, Format à l’italienne XVI, 2026.
Crédit photos : Frederic Iovino
DATA OBSCURA
Série de 5 dessins
Image générées par intelligence artificielle (Midjourney)
Graphite sur papier Canson 120 g/m2
21 x 29,7 cm
2025
Les Data-Obscura consistent en une série d’études graphiques dans lesquelles Théo Romain-Sobota a demandé au logiciel d’intelligence artificielle Midjourney de dépeindre des scènes de manifestations et de violences urbaines selon les codes formels et les principes picturaux du Caravage. L’enjeu de ces images est double. D’une part, il s’agit de rendre au quotidien et aux événements de l’actualité contemporaine l’historicité dont le régime de l’image-flux – c’est-à-dire un défilement ininterrompu d’images dématérialisées, éphémères et rétroéclairées – les dépare. En faisant coïncider esthétiquement le présent et le passé par l’application d’un style baroque, ces images réaffirment que l’histoire humaine n’est pas un affaire close. Elle est bel et bien un processus toujours en cours de construction, façonné par nos actions individuelles et collectives. D’autre part, la série nous renseigne sur la manière dont l’intelligence artificielle perçoit et appréhende la culture humaine. Comment un modèle algorithmique résume-t-il la profondeur émotionnelle du Caravage en une série de lignes de code, de lois statistiques et de principes esthétiques ? Comment transforme-t-il une sensibilité individuelle historiquement située l’ultime solitude d’un meurtrier en exil - en une formule reproductible, permettant de générer à l’infini de nouvelles images par application de règles statistiques à un sujet donné ?
Axel Fried, critique d’art et commissaire d’exposition.
Texte de l’exposition Les Anamnèses, Format à l’italienne XVI, 2026.
Crédit photos : Frederic Iovino
HELLBAN.EXE (installation), 2024
vidéo HD gameplay enregistré (4’36”), sculptures en impression 3D, sable, panneau à LED
tropical_plant, 50 x 30 x 30 cm, édition 5/5
Agave, 50 x 50 x 130 cm, pièce unique
Production : Clément Cappe
hellban.exe est une installation autour d’un jeu vidéo créé en 2022. Dans ce jeu, il n’y a ni fin, ni boss final, ni quête à accomplir. Le joueur/spectateur incarne un personnage dont les actions sont volontairement restreintes: courir, sauter, marcher ou pleurer. L’élément central de cet "anti-jeu vidéo" repose sur le concept du shadowban ou bannissement furtif. L’utilisateur se retrouve isolé, tel un naufragé sur une île déserte, exclu de la communauté numérique. L’installation prolonge cet espace virtuel en regroupant des sculptures imprimées en 3D, représentant diverses plantes tropicales que l'on retrouve sur la carte du jeu.